lundi 6 juin 2011

La pseudo-tradition de Laurent James 3 - Les délires d'Atlantis

Cet article est la suite de celui-ci :



Les délires sur l'ère du Verseau sont bien cohérents avec les véritables sources de Laurent James, mais en revanche loin d'être en accord avec René Guénon. Dans une interview :
Laurent James a écrit :
Parmi les grands hommes qui traversèrent le vingtième siècle, il en est un qui se mit au service exclusif de la Vérité avec un acharnement remarquable : Jean Phaure. Il faut apprendre par cœur les 662 pages de son ouvrage Le Cycle de l’Humanité Adamique avec la même rigueur que certains apprennent le Coran. Seul parmi les fondateurs de la revue Atlantis (toujours existante), ce natif d’Indochine eut la bonté de rédiger une Somme initiatique résumant les soixante-quatre mille huit cents ans de l’histoire de l’humanité sur la trame fameuse des Quatre Ages, synthétisant ainsi les traditions égyptienne, hindouiste (donc bouddhiste), grecque et biblique, soit toutes les traditions écrites connues ! J’ajoute que, d’une part, cette synthèse est entièrement compatible avec l’eschatologie musulmane (bien entendu), et que d’autre part, elle repose sur la science physique la plus rigoureuse, car elle intègre le mois précessionnel équinoxial (deux mille cent soixante ans) comme brique élémentaire de l’échelle spiraloïde du Temps.

Passons sur la profession de foi scientiste accolée à l'estampille d'orthodoxie islamique, qui n'est finalement pas si criante au milieu de tout ce globi boulga new age, qui essaie de faire un mélange amusant entre science physique, Somme Théologique et "initiation" livresque, et qui considère la tradition extrême orientale comme une "tradition écrite" inconnue. Jean Phaure a déjà été évoqué dans le premier épisode. Étant né en 1928, il lui aurait été difficile de participer à la création de la revue Atlantis, qui vit le jour en 1927, mais passons également. Qu'en est-il de cette revue Atlantis ? C'est l'organe de l'association du même nom :

L'association ATLANTIS constitue un Centre de Recherches et d’Études de la Tradition (C.R.E.T)
Association culturelle selon la Loi du 1er juillet 1901, sans but lucratif fondée par Paul Le Cour le 24 juin 1926 à la Sorbonne, à Paris, il fut rejoint par le poète philosophe Philéas Lebesgue.


 

C'est Paul le Cour qui est le fondateur de la revue Atlantis, de même qu'il est le principal propagateur de la "prophétie" de l'ère du Verseau (compte rendu sur son livre cité dans l'article précédent).

Voici un petit regroupement, loin d'être exhaustif, de comptes rendus d'articles de revues qui informent de la façon dont René Guénon s'est prononcé sur le contenu de cette revue:

René Guénon a écrit :
Le Théosophisme :
C’est aussi une phrase apocryphe, mais beaucoup moins inoffensive, et d’ailleurs toujours la même, que nous prête, pour la vingtième fois peut-être, M. paul le cour dans Atlantis (n° de janvier-février) ; il est vrai que, de sa part, rien de ce genre ne peut nous étonner, après avoir vu comment deux noms propres écrits à plusieurs reprises sur un mur pouvaient, à ses yeux, se métamorphoser en une phrase… approximativement latine. Du reste, il n’est même pas besoin d’une imagination aussi fertile pour faire dire à quelqu’un ce qu’il n’a jamais dit, et parfois même tout le contraire de ce qu’il a voulu dire ; il suffit pour cela de détacher un lambeau de phrase de son contexte, et il en est des exemples fameux (Qâla Allahu taâla : Fawaylun lil-muçallîn…). Quoi qu’il en soit, M. paul le cour, dans ce numéro, ne consacre pas moins de deux articles à nous attaquer, d’abord à propos du Symbolisme de la Croix, dont il prétend à son tour traiter à sa façon (ou plutôt à celle  du Hiéron de Paray-le-Monial : Aor-Agni et autres fantaisies déjà connues). puis à propos de l’hermétisme et de quelques-uns de nos articles du Voile d’Isis. Il évoque même le témoignage de tous les gens qui n’ont rien compris à ce que nous écrivons ; s’il savait à quel point nous est indifférente cette « critique », profane, incompétente par définition en matière initiatique ! Nous écrivons pour instruire ceux qui sont aptes à comprendre, non pour solliciter l’approbation des ignorants ; et ce que nous faisons n’a rien à voir avec la littérature, n’en déplaise à M. paul le cour qui confond l’hermétisme avec l’esthétique et qui s’amuse à compter les mots de nos phrases (ce qui l’a sans doute empêché de voir que nous parlions, dans Le Symbolisme de la Croix, d’une représentation géométrique à trois dimensions et d’un sphéroïde indéfini, puisqu’il nous reproche de n’en avoir rien fait !). Il reproduit aussi, contre nous, une lettre d’un certain M. Alvart, en lequel nous croyons bien reconnaître un ancien « adorateur » de Mme Blavatsky (voir Le Théosophisme, chapitre IV, dernier §) ; comme nous y avons déjà implicitement répondu dans notre article du mois dernier, nous n’y reviendrons pas. Mais nous nous en voudrions de ne pas signaler la nouvelle trouvaille linguistique de M. paul le cour : il énonce gravement que « le mot chrétien est un développement du mot croix » ; mais que dire à quelqu’un qui pense apparemment que le latin est dérivé de l’espagnol, puisqu’il écrit que « hermoso en espagnol est devenu formosus en latin » ? Quant à notre article sur La langue des oiseaux (et non pas Le langage des oiseaux), nous maintenons intégralement ce que nous y avons dit de l’origine et du sens premier du mot latin carmen, en dépit de la bizarre et fort peu « normale » étymologie qui a été « signalée » à M. paul le cour, et qui, peut-être, « peut en imposer à certains esprits manquant de sens critique » ; et, franchement, de quel poids s’imagine-t-on que puissent être pour nous des assertions d’orientalistes ? D’autre part si nous avons parlé des oiseaux en question comme symbolisant les anges, c’est que la tradition islamique est formelle sur ce point ; nous n’exprimons pas d’opinions individuelles, et nous n’avons à connaître que la tradition. C’est d’ailleurs bien de la « langue des oiseaux » qu’il s’agissait (le Qorân dit expressément : mantiqat-tayri), et nullement du « chant des oiseaux », qui pourrait avoir une autre signification, mais qui en tout cas n’était pas en cause ; vraiment, notre contradicteur « ne nous paraît pas qualifié pour parler de ces choses ». Souhaitons pourtant que les variations plus ou moins brillantes auxquelles il se livre à ce sujet ne soient pas pour lui le… « champ du signe » ! En effet, s’il est possible que nous « fassions sourire » quelques ignorants qui se croient très forts, M. paul le cour, lui, nous fait franchement rire aux éclats, et les occasions en sont trop rares, en cette maussade fin de Kali-Yuga, pour que nous ne lui en sachions pas quelque gré. Rabbuna ikhallîk, yâ bafuna !
Mai 1932

Atlantis (n° de mai) publie une conférence sur Inspiration et Prophétisme, dont l’auteur, M. Gaston Luce, semble croire que la « clairvoyance » et autres facultés psychiques du même ordre « nous mettent en relation avec le monde de l’esprit », et même qu’elles sont assimilables à « l’intuition envisagée sous sa forme spirituelle et métaphysique » ; ne confondrait-il pas fâcheusement la « métaphysique » avec la « métapsychique »… et « l’esprit » avec « les esprits » ou soi-disant tels ? - Dans diverses notes, M. paul le cour reparle encore à plusieurs reprises du Hiéron du Val d’Or, dont le directeur, paraît-il, « était doué du pouvoir prophétique » (!), et dont il déclare vouloir « continuer l’œuvre » ; enregistrons ces affirmations sans les affaiblir par le moindre commentaire… et attendons sans trop d’impatience la venue de l’« ère du Verseau » !
Juillet 1936

Etudes sur la Franc-Maçonnerie et le Compagnonnage :
Par une coïncidence plutôt singulière, M. paul le cour, dans le dernier numéro d’Atlantis, annonçait l’ouverture d’une souscription pour essayer de publier, sous le titre : Lettres du Hiéron du Val d’Or, sa correspondance avec la dernière secrétaire dudit Hiéron... Et, juste en même temps, comme nous l’avons signalé, il tombait en extase devant le « dieu à tête d’âne », parce que dans onagre il voyait Aor-Agni ! Où de pareilles imprudences pourront-elles bien finir par nous mener ?
Avril 1933

Dans Atlantis (n° de novembre-décembre), il est question surtout cette fois de l’« Atlantisme », par quoi il faut entendre la tentative de reconstitution de la tradition, atlantéenne, que M. paul le cour s’obstine à confondre avec la Tradition primordiale unique, mais qu’il définit en même temps comme la « religion de la beauté », ce qui est bien spécial, et même doublement. Comme à l’ordinaire, il y a là bien des rêveries, linguistiques et autres ; notons seulement au passage cette curieuse affirmation : « La plus ancienne de toutes les religions eut son point de départ en Atlantis ; cette religion, c’est le Christianisme. » C’est le faire commencer trop tôt ou trop tard, suivant le sens où on l’entend... Naturellement, il est encore question d’Aor-Agni : il paraît qu’Aor est représenté par l’Église et Agni par la Maçonnerie ; mais il est difficile de voir comment l’interprétation proposée peut se concilier avec le fait que la Maçonnerie a les deux colonnes dans son symbolisme (l’Église aussi, d’ailleurs, avec saint Pierre et saint Paul). Quant à une soi-disant « Maçonnerie chrétienne » qui aurait pour signe les « trois points d’Agni » et les « trois points d’Aor » réunis de façon à former le « sceau de Salomon », nous avons connu cela jadis... dans une organisation qui n’était pas maçonnique. Mais le plus amusant, c’est assurément l’idée de réveiller le « Grand-Occident », de funambulesque mémoire ; à quand un nouveau « fort Chabrol » ? Il est vrai que nous savons déjà depuis longtemps que M. paul le cour ne craint pas le ridicule !
Mars 1934

Comptes Rendus :
Atlantis (n° de juin-juillet) publie une conférence de M. J. Toutain sur Le Mythe de Phaéton. — M. Paul Le Cour éprouvant le besoin de nous attaquer encore une fois dans ce même numéro, nous lui ferons savoir : 1° que nous n’avons pas à lui rendre compte des raisons spéciales pour lesquelles nous avons dû, à une certaine époque, voir par nous-même ce qu’il en était réellement de diverses organisations se qualifiant plus ou moins justement d’« initiatiques » ; 2° que le mot « Gnose » signifie exactement « Connaissance », ce qui n’a rien à voir avec le « gnosticisme », et que, pour notre part, nous ne l’avons jamais pris dans un autre sens ; 3° que, depuis le temps assez lointain dont il parle, nous avons si peu varié qu’il pourra retrouver, sous la signature à laquelle il fait allusion, des articles dont le contenu est reproduit intégralement, avec d’autres développements, dans quelques-uns de nos livres les plus récents. Quant à l’hermétisme, sur lequel notre article publié ici en mai dernier ne prétendait donner qu’un aperçu très général, n’ayant rien à voir avec telles ou telles connaissances précises dont il ne nous convient pas de parler présentement, ce n’est, nous le répétons, qu’un aspect secondaire de la tradition; et, de plus, nous ne voyons pas en quoi l’hermétisme chrétien pourrait être plus « essentiel » que l’hermétisme islamique, ou que la partie correspondante d’autres formes traditionnelles... Mais est-ce bien la peine de relever les opinions de quelqu’un qui trouve des choses extraordinaires dans le retournement des mots Maroc et Suez, sans se douter qu’ils ne sont qu’une vulgaire corruption des noms arabes Merakesh et Es-Swês ? Nous ne pouvons d’ailleurs nous étonner de rien de la part de l’auteur d’une note sur le «baragouin» (n° de mars), où se lit cette assertion prodigieuse : «En hébreu, BaRa, premier mot de la Genèse, veut dire commencement» ! Nous avions jugé charitable de ne pas citer cette phrase en son temps, mais ces mauvaises plaisanteries se prolongent un peu trop; que M. paul le cour (sans majuscules, puisqu’il semble y tenir) emploie donc ses loisirs à méditer sur les mystères du mot bafuna, et qu’il s’applique à lui-même ce que son admirable perspicacité ne manquera pas d’y découvrir !
Novembre 1931

Le numéro de juillet-août est consacré, pour la plus grande partie, à une étude sur Les poèmes homériques et l’Atlantide; pour parler plus exactement, il s’agit de la localisation d’une partie des voyages d’Ulysse hors de la Méditerranée : ce serait un beau sujet pour qui serait capable de le traiter autrement qu’avec son imagination; mais nous devons, pour cette fois, renoncer à relever les fantaisies linguistiques et historiques de M. paul le cour, car il y en a vraiment trop !
Octobre 1933

Donc, encore une fois, aucun amalgame et aucune compromission possibles avec ce fatras new age.

1 commentaire:

  1. S'il n'y avait pas eu René Guénon, qu'aurions nous pu faire!!Bénissons ce maitre qui ne cesse de débusquer les erreurs, les faux esotérisme, les falsification , les élucubrations des "érudits" et qui pour beaucoup d'entre nous nous a donné de sérieux conseils pour ceux qui veulent suivre une voie traditionnelle

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