jeudi 27 juin 2013

Erreurs inquiétantes trouvées dans les recueils posthumes

La consultation de quelques numéros des Études Traditionnelles nous a permis de corriger diverses erreurs des recueils posthumes, dont voici quelques exemples inquiétants. Les morceaux qui manquaient sont surlignés en vert, ceux qui étaient en trop en rouge.


Dans Symboles de la Science Sacrée :
Exemple de passage bizarre et mal tourné (et même incorrect? est ce que "dans des anciens documents" est au moins français?), modifié gratuitement par les compilateurs :
Pour revenir sur certaines considérations qui se rapportent à la figure de la « pierre cubique à pointe » à laquelle nous venons de faire allusion, nous dirons tout d’abord que cette figure, dans des anciens documents, À la fin de nos remarques sur la Tétraktys, nous avons fait allusion à la figure de la « pierre cubique à pointe », en nous réservant de revenir sur certaines considérations qui s’y rapportent : cette figure, dans les anciens documents, est complétée, d’une façon assez inattendue, par l’adjonction d’une hache qui semble posée en équilibre sur le sommet même de la pyramide.
Un hiéroglyphe du Pôle

Il faut se représenter le pont comme constitué primitivement par des ligneslianes, qui en sont le modèle naturel le plus orthodoxeordinaire, ou par une corde fixée de la même façon que celles-ci, par exemple à des arbres croissant sur les deux rives, qui paraissent ainsi effectivement « attachées » l’une à l’autre par cette corde. où il est décrit, soit comme la remontée d’undu courant vers sa source, soit au contraire comme sa descente vers la mer
Le symbolisme du pont


Dans les Études sur l'Hindouisme :
Dans l'article suivant, le compilateur avait altéré le texte et s'en justifiait ainsi :
[Ce passage est mis en accord avec les modifications que René Guénon avait apportées lui-même sur la question du Bouddhisme dans la 4ème édition de l'Introduction générale à l'étude des doctrines hindoues (1952).]

Voici la note expliquant cette modification :
À l’intention des lecteurs qui auraient eu connaissance de la première édition de ce livre, nous estimons opportun d’indiquer brièvement les raisons qui nous ont amené à modifier le présent chapitre : lorsqu’a paru cette première édition, nous n’avions aucun motif de mettre en doute que, comme on le prétend habituellement, les formes les plus restreintes et les plus nettement antimétaphysiques du Hînayâna représentaient l’enseignement même de Shâkya-Muni ; nous n’avions pas le temps d’entreprendre les longues recherches qui auraient été nécessaires pour approfondir davantage cette question, et d’ailleurs, ce que nous connaissions alors du Bouddhisme n’était nullement de nature à nous y engager. Mais, depuis lors, les choses ont pris un tout autre aspect par suite des travaux d’A. K. Coomaraswamy (qui lui-même n’était pas bouddhiste, mais hindou, ce qui garantit suffisamment son impartialité) et de sa réinterprétation du Bouddhisme originel, dont il est si difficile de dégager le véritable sens de toutes les hérésies qui sont venues s’y greffer ultérieurement et que nous avions naturellement eues surtout en vue lors de notre première rédaction ; il va de soi que, en ce qui concerne ces formes déviées, ce que nous avions écrit d’abord reste entièrement valable. Ajoutons à cette occasion que nous sommes toujours disposé à reconnaître la valeur traditionnelle de toute doctrine, où qu’elle se trouve, dès que nous en avons des preuves suffisantes ; mais malheureusement, si les nouvelles informations que nous avons eues ont été entièrement à l’avantage de la doctrine de Shâkya-Muni (ce qui ne veut pas dire de toutes les écoles bouddhiques indistinctement), il en est tout autrement pour toutes les autres choses dont nous avons dénoncé le caractère antitraditionnel.
Introduction générale à l'étude des doctrines hindoues, partie 3, ch. IV - A propos du Bouddhisme

Mais le passage qui va suivre n'est pas en désaccord avec ladite modification, l'altération est non seulement inutile mais fautive, décrivant le Mahâyâna comme s'étant éloigné du Bouddhisme originel, alors que c'est de ce qui est aujourd'hui appelé communément Bouddhisme (à raison ou à tort), qu'il l'est. La modification sur le Bouddhisme portait uniquement sur l'orthodoxie du Bouddhisme originel (orthodoxe tout comme le Mahâyâna), question sur laquelle, dans l'extrait suivant, René Guénon ne se prononçait pas :
À ces quelques observations, nous ajouterons encore une autre d’un caractère un peu différent : on sait quelle est l’importance des éléments tantriques qui ont pénétré certaines formes du Bouddhisme, celles qui sont comprises dans la désignation générale de Mahâyâna ; mais, bien loin de n’être qu’un Bouddhisme « corrompu », ainsi qu’il est de mode de le dire en Occident, ces formes représentent au contraire le résultat d’une adaptation tout à fait traditionnelle du Bouddhisme. Qu’on ne puisse plus guère, dans certains cas, retrouver facilement les caractères propres au Bouddhisme originel, cela importe peu ; ou plutôt, cela même ne fait que témoigner de l’étendue de la transformation qui a été ainsi opéréed’un véritable « redressement » du Bouddhisme dans un sens traditionnel et orthodoxe. Qu’on ne puisse plus guère, dans certains cas, parler là de Bouddhisme que d’une façon en quelque sorte « nominale », cela importe peu ; ou plutôt, si l’on envisage le Bouddhisme proprement dit comme doctrine spécifiquement hétérodoxe, cela même ne fait que témoigner de toute l’étendue du « redressement » qui a été ainsi opéré.
Tantrisme et Magie

Le passage suivant, tiré des comptes rendus de revues des Études Traditionnelles de novembre 1929, soit bien avant la modification en question (datant sauf erreur de 1946 ou après), atteste du fait que cette modification doit bien porter sur le Bouddhisme originel, mais aucunement sur les formes actuelles, point sur lequel Guénon n'a jamais varié :
Dans Ultra (nos de mai-juin et juillet-août), nous relevons un article sur le Bouddhisme Mahâyâna, dans lequel nous avons vu, non sans quelque étonnement, celui-ci présenté comme le produit d’une pensée « laïque » et « populaire » ; quand on sait qu’il s’agit au contraire d’une reprise, si l’on peut dire, et d’une transformation du Bouddhisme par l’influence de l’esprit traditionnel, lui infusant les éléments d’ordre profond qui manquaient totalement au Bouddhisme originel, on ne peut que sourire de pareilles assertions et les enregistrer comme une nouvelle preuve de l’incompréhension occidentale.


Ici, l'altération produit un contresens :
« Mâyâ est le “pouvoir” maternel (Shakti) par lequel agit l’Entendement divin » ; plus précisément encore, elle est Kriyâ-Shakti, c’est-à-dire l’« Activité divine » (en tant que celle-ci est distinguée de la « Volonté divine », qui est Ichchhâ-Shakti).
[...]
Nous pouvons faire une autre remarque, se rattachant directement à ce qui vient d’être dit de l’« art » divin, en ce qui concerne la signification du « voile de Mâyâ » : celui-ci est avant tout le « tissu » dont est faite la manifestation universelle ; nous retrouvons donc là le symbolisme traditionnel du tissage dont nous avons parlé ailleurs[1], et, bien qu’on semble généralement ne pas s’en rendre compte, cette signification est indiquée très clairement dans certaines représentations, où sur ce voile sont figurés des êtres divers appartenant au monde manifesté.
---
[1] Le Symbolisme de la Croix, ch. XIV.
Mâyâ


Dans Initiation et Réalisation Spirituelle :
d'abord ce passage qui n'avait, en effet, véritablement plus aucun sens :
La réalité supérieure dont nous parlons se situe bien au-delà du domaine « psychologique », et à un niveau où la distinction même de l’« objectif » et du « subjectif » et n’a véritablement plus aucun sens ; 
 
Guru et upaguru
 
Contresens :
mais c’est là quelque chose de très secondaire et de purement contingent, qui n’a rien à voir avec l’initiation elle-même. Celle-ci est entièrement indépendante de l’action d’une force physiquepsychique quelconque, puisqu’elle consiste proprement et essentiellement dans la transmission directe d’une influence spirituelle Influences spirituelles et « égrégores »


la Connaissance pure est, en elle-même, d’ordre essentiellement supra-individuel, c’est-à-dire en définitive spirituel, comme l’intellect transcendant dont elle relève ; le caractère nettement psychique de Bhakti est évident, tandis que Karma, dans toutes ses modalités, comporte forcément une certaine activité d’ordre corporel, et, quelles que soient les transpositions dont ces termes sont susceptibles, quelque chose de cette nature originelle doit toujours s’y retrouver inévitablement. 
Les trois voies et les formes initiatiques

Ce qui est vraiment problématique pour ce dernier cas, c'est la fabrication de l'expression « intellect psychique », qui est un grave contresens.


Des errata sont en train d'être élaborés pour chaque recueil papier :
https://oeuvre-de-rene-guenon.blogspot.fr/p/blog-page.html

Si d'autres grosses erreurs de ce genre sont trouvées, elles seront ajoutées dans les errata respectifs. Précisons que ce n'est qu'un aperçu du massacre, et qu'en réalité des centaines d'erreurs de divers ordres ont déjà été constatées dans les recueils posthumes, et ce n'est évidemment et malheureusement pas fini.

Encore une fois, cela confirme la nécessité d'avoir accès à l'ensemble des numéros concernés des Études traditionnelles/Voile d'Isis et de revoir entièrement les recueils posthumes, qui ont été réalisés avec bien peu de sérieux, et dont les erreurs continuent à être répétées dans leurs éditions comme un disque rayé, sottement, inlassablement et sans aucune honte, alors que défilent les décennies.





Enfin, voici des passages oubliés des ET/VI, présents dans aucun recueil papier :

Comptes rendus de revues :
Juillet 1929
— Le Mercure de France du 15 mai contient une remarquable étude de M. Paul Vulliaud sur Gioberti et l’Impérialisme italien.
— Dans Atlantis (numéro du 21 avril), M. Paul Le Cour poursuit ses recherches sur le symbole des trois enceintes ; il reproduit un curieux document figurant, malheureusement sans indication de provenance, dans l’ouvrage du chanoine Edme Thomas sur la cathédrale d’Autun, et qui est donné comme représentant la cité gauloise des Éduens. Dans le même article sont citées quelques réflexions de M. Charbonneau-Lassay, qui dit notamment qu’il ne serait pas surpris que les Chrétiens aient fait de ce symbole une image de la Jérusalem céleste. Or, dans l’article que nous avons consacré ici à cette question le mois dernier, nous indiquions précisément de notre coté quelques rapprochements dans le même sens, et nous rappelions qu’une autre disposition des trois carrés constitue une des figures les plus habituelles de la Jérusalem céleste. Nous sommes heureux de signaler cette rencontre, qui d’ailleurs ne nous surprend pas, car il est déjà arrivé bien souvent que M. Charbonneau-Lassay et nous-même ayons abouti, indépendamment et par des voies différentes, au mêmes conclusions sur beaucoup de points concernant le symbolisme.

Juin 1933
Cette diatribe n’a même pas le mérite de la cohérence, car, après s’être moqué tant qu’il peut de Râmakrishna, l’auteur écrit à la fin : « Qui ne se sentirait maladroit devant un tel géant ? » Comprenne qui pourra… Voici d’ailleurs qui jette un singulier jour sur cette mentalité toute spéciale : dans une feuille d’allure politique qui s’intitule S.O.S. Occident, le même M. Savoret publie des articles dignes à tous égards de la R.I.S.S. ! Il nous est déjà arrivé à plusieurs reprises d’avoir à relever, entre ces deux milieux, des points de contact assez troublants ; nous y reviendrons encore s’il y a lieu.

Novembre 1936
Cette constance de certains termes symboliques et de leur signification « technique », dans des formes traditionnelles aussi éloignées les unes des autres dans le temps et l’espace, ne peut s’expliquer que si l’on considère ces « formulations diverses d’une doctrine commune » (dharma-paryâya) comme autant de « dialectes d’un seul et même langage de l’esprit », ou de branches d’une seule et même « tradition universelle et unanime » (sanâtana dharma).
— Dans le Symbolisme (n° d’août-septembre), Oswald Wirth parle d’un Pouvoir créateur qu’il attribue à l’homme, et dont il conseille d’ailleurs de se méfier ; nous supposons qu’il doit s’agir de l’imagination que les psychologues appellent « créatrice », fort improprement du reste ; mais, en tout cas, il a le plus grand tort de croire que le « domaine subjectif » et les « conceptions abstraites » puissent intéresser si peu que ce soit les « purs métaphysiciens ». Nous le croyons bien volontiers quand il déclare « ne parler au nom d’aucune révélation surnaturelle », ce qui ne se voit que trop en effet ; mais, alors, pour être conséquent avec lui-même, qu’il ne parle pas d’initiation, fût-elle même limitée au seul domaine des « petits mystères », puisque, qu’on le veuille ou non, toute initiation implique essentiellement l’intervention d’un élément « supra-humain ». – G. Persigout est amené par le symbolisme de la caverne et du monde souterrain à étudier L’Enfer et les religions de salut ; ce titre rappelle malencontreusement le jargon spécial des profanes « historiens des religions », et, en fait, l’auteur semble avoir dans quelques-unes des théories tendancieuses de ceux-ci une confiance qu’elles ne méritent guère. En voulant toujours chercher des « sources » et des « développements » historiques, là où il ne s’agit proprement que d’expressions diverses d’une même connaissance, on risque de s’égarer encore plus facilement que dans les « dédales des épreuves souterraines », où l’on se retrouverait certes beaucoup mieux en les envisageant au seul point de vue strictement initiatique, sans se préoccuper de toutes les fantaisies accumulées par l’imagination des profanes à qui il a plu de parler de ce qu’ils ignorent.


Octobre 1937
et nous ajouterons plus nettement encore, quant à nous, que l’action des Maçons et même des organisations maçonniques, dans toute la mesure où elle est en désaccord avec les principes initiatiques, ne saurait en aucune façon être attribuée à la Maçonnerie comme telle. – Dans la même revue (n° de juillet), M. Massimo Scaligero étudie la signification de l’attitude « antimoderne », à propos des ouvrages de M. J. Evola, et plus spécialement du Mistero del Graal dont nous avons rendu compte récemment.

Avril 1938
— Dans le Mercure de France (n° du 15 janvier), M. Marc Citoleux, dans un article sur La Philosophie de la vie et le Bergsonisme, recherche les antécédents de l’« intuition » au sens instinctif où l’entend M. Bergson ; il les trouve « chez une ignorante, Mme Zulma Carraud, chez des impulsifs, Jean-Jacques Rousseau, Michelet », et aussi chez un poète, M. Paul Valery. Ces rapprochements sont assez curieux, mais nous ne voyons pas qu’ils apportent une confirmation au bergsonisme, ni qu’on puisse, comme le pense l’auteur, les considérer comme un « signe de la vérité » ; en fait, ils montrent tout simplement qu’il y a là quelque chose qui répond à l’une des tendances de l’époque moderne, et que ce « courant » n’a pas commencé avec M. Bergson, mais que celui-ci lui a seulement donné une expression plus spécialement « philosophique » qu’on ne l’avait fait avant lui. – Dans la même revue (n° du 1er février), un article de M. Albert Shinz sur Le Songe de Descartes soulève de nouveau une question qui a déjà donné lieu à bien des discussions plus ou moins confuses, celle d’une prétendue affiliation rosicrucienne de Descartes.

Décembre 1946
mais, bien entendu, cette réserve sur un point particulier ne diminue en rien la valeur du reste de cette remarquable étude.
— Nous mentionnerons aussi, dans cette revue, des articles concernant certaines fêtes : la fête du Holi (n° d’avril-mai 1945) et No Roz, le jour de l’an iranien (n° de juin 1945) ; bien que n’ayant qu’un caractère descriptif et un intérêt purement documentaire, ils pourraient servir en quelque sorte d’« illustration » à ce que nous avons dit au sujet des fêtes carnavalesques. Il est à remarquer que, dans le cas du No-Roz, il s’agit d’une sorte de survivance d’éléments provenant de la tradition mazdéenne, qui, en Perse tout au moins, est complètement éteinte ; on peut donc voir là comme des « résidus » déviés ou plutôt détournés dans un sens parodique, ce qui, à ce point de vue, est particulièrement significatif.




25 commentaires:

  1. Excellent travail d'investigation!

    RépondreSupprimer
  2. Excellent ! Merci pour tout.
    J'ai découvert un site génial si cela vous intéresse. Sur les traditions occidentales à la lumière de l'œuvre de Guénon.
    http://www.clavisquadraturae1.com/

    RépondreSupprimer
  3. Merci. Il y a des choses intéressantes, mais ce n'est pas toujours en accord avec ce que dit Guénon, que ce soit par les assertions mises en avant (exemple: le Christianisme serait une tradition orientale, ou la doctrine juive serait métaphysique) ou par une forme vulgarisée qui conduit à certaines formulations malheureuses (par exemple j'ai l'impression que l'auteur confond parfois subtil et informel, et aussi métaphysique et ontologie).

    RépondreSupprimer
  4. Pour ce qui est de la confusion entre métaphysique et ontologie je peux assurer qu'il ne l'a fait pas. Dans sa "métaphysique de poche" (écrite pour des étudiants du secondaire) il dit :
    "L'étude de l'Etre-Unité, cette commune mesure entre l'Infini et le Cosmos manifesté, s'appelle ontologie . L'ontologie, ou connaissance de l'Etre, occupera donc dans notre réflexion une place intermédiaire entre la métaphysique pure qui a pour objet l'Infini ( ou Possibilité Universelle ), et la cosmologie qui étudie la façon dont le Cosmos, qui est multiple, sort de l'Etre unique."
    Pour le reste dites-moi dans quel fichier l'avez-vous lu, car de telles confusions me paraissent étrange de la part cet auteur. Il a contribué à la revue des études traditionnelles dans les années 70. Il signait sous le nom de André Raeymaeker. Nous avons correspondu quelque peu et il m'a parut qu'il prenait Guénon comme référence sans rien retrancher...

    RépondreSupprimer
  5. Pour ce que je disais sur la doctrine juive, j'ai lu un peu vite, c'est correct en fait:
    Métaphysique de poche, p. 19 :
    "voici ce que dit sur ce sujet la doctrine métaphysique juive. (1)
    ---
    (1) Commentaire du Sepher Ietsirah par Moïse de Léon. (cité par Paul Vulliaud )."


    Sinon, p. 2 du pdf que vous citez :
    "L'objet de la métaphysique est la connaissance du monde intelligible, c'est-à-dire des principes immuables et nécessaires contenus dans l'Etre unique, et dont dépend entièrement le monde sensible, celui où se déroule notre précaire existence."
    Je ne nie pas l'existence du passage que vous citez, et je ne dis pas qu'il fait la confusion, mais que c'est peut-être seulement un défaut d'expression. Mais pour moi le passage ci dessus fait clairement référence à l'ontologie.

    Il y a manifestement plusieurs contradictions, c'est pour ça que je me disais que c'était peut-être entraîné par cette volonté de vulgariser.

    Pour le reste :
    La déesse au pilier, p. 3 :
    "Reste que cette tradition, ainsi disparue (2) était la seule vraiment propre à l'Occident (3)
    ---
    (2) Mais en réalité occultée par ses disciples eux-mêmes, en raison de persécutions récurrentes
    (3) La religion gréco-romaine, tombant en désuétude, avait créé un "vide cultuel" qui fut comblé par le christianisme, mais aurait pu l'être par une autre religion tout aussi orientale, telle le culte de Mithra."
    Enfin c'est peut-être moi qui comprends mal, la phrase est ambigüe. De manière générale il dit que le Pythagorisme est la seule tradition de l'Occident. D'ailleurs il semble voir le Pythagorisme partout, je ne sais pas si ça n'est pas dangereux de privilégier cette tradition morte, et de ne voir qu'elle dans ce qui est encore vivant actuellement, comme le Christianisme ou la Maçonnerie.

    Je viens de tomber sur un autre point :
    Tradition Pythagoricienne, p. 10, note 2
    "La survivance de la Maçonnerie n'étant guère plus qu'une apparence, dans la mesure où elle renie ses origines templières."
    Il me semble que ce n'est le cas que du RER, et non de la maçonnerie tout entière. Cf. également tous les écrits de Guénon à ce sujet.

    RépondreSupprimer
  6. Il dénigre aussi la scolastique, qui est la cause du cartésianisme d'après lui, encore une différence avec Guénon, pour qui la scolastique était un enseignement strictement orthodoxe et légitime, même si les écrits qui sont arrivés jusqu'à nous ne vont pas au delà de l'Être.

    Tradition pythagoricienne, p. 10 :
    "L'aristotélisme, encore traditionnel , mais déjà plus conceptuel ( "raisonneur ") que symboliste, dégénéra en une scolastique tardive dont la sclérose, puis l'inévitable chute allait favoriser le développement du rationalisme cartésien, nettement anti-traditionnel celui-là. (1)
    ---
    (1) Les traités d'Aristote portant sur le pythagorisme ont tous disparu : ils constituaient
    pourtant, selon certains témoignages, la partie majeure de son oeuvre."

    René Guénon, IGEDH, III, IX :
    "la doctrine scolastique, tout en continuant celle d’Aristote dans ses grandes lignes, l’a corrigée et complétée sur bien des points ; il est regrettable qu’elle ne soit pas parvenue à s’affranchir entièrement des limitations qui étaient l’héritage de la mentalité hellénique, et aussi qu’elle ne semble pas avoir pénétré les conséquences profondes du principe, déjà posé par Aristote, de l’identification par la connaissance."

    Pour la confusion entre subtil et informel :
    Tradition pythagoricienne, p. 367
    "Cette “Chaîne d’or“ est le lien informel unissant les traditions les plus diverses, au delà de leurs oppositions apparentes.
    Sii les sciences modernes sont incapables de dévoiler cette unité, c’est justement parce qu’elle est transcendante à toutes les données matérielles imaginables.
    Elle réside en effet dans la manifestation subtile, et comme celle-ci est inaccessible à la pensée analytique, elle ne peut donc être découverte que par la langue des symboles, qu’il s’agisse de toutes les formes naturelles, ou encore des mythes qui se retrouvent au fondement unanime des diverses traditions.."

    Après je n'ai rien spécialement contre ce monsieur, que vous me faites découvrir aujourd'hui.

    RépondreSupprimer
  7. Je vous retranscrit quelque réponse de l'auteur :

    "J'employais employais évidemment ce terme d'informel au sens de non organisé, comme on parle de "relations informelles" entre politiques. Et non fans un sens métaphysique. Le monde subtil est en effet tout à fait formel, comme il ressort d'ailleurs de tous mes textes."

    "A ma connaissance, le judaïsme, dont le christianisme descend par son Fondateur, est bien une doctrine orientale."

    "La Maçonnerie n'est en effet plus qu'une coquille vide, DANS LA MESURE( c. à d. seulement lorsque ) elle s'écarte de son origine templière, par exemple en faisant profession d'athéisme, ce qui est loin d'être toujours le cas."

    "Aucune Tradition authentique, et surtout la primordiale ( hyperboréenne) n'est "morte"
    "Ce que Dieu a écrit, reste écrit"

    Et sur la scolastique il n'est pas question de celle dont Guénon dit qu'elle est orthodoxe mais bien, comme il est écrit, de la scolastique TARDIVE.

    Sinon avez-vous commencé à le lire? C'est véritablement passionnant. Rare sont les écrits de cette qualité de nos jours. Je vous laisse en prendre connaissance.

    RépondreSupprimer
  8. La religion est chose typiquement occidentale.

    "Nous ne chercherons pas à préciser dès maintenant les traits distinctifs de la mentalité européenne, car ils ressortiront suffisamment de la suite de cette étude ; nous indiquerons simplement que plusieurs influences ont contribué à sa formation : celle qui y a joué le rôle prépondérant est incontestablement l’influence grecque, ou, si l’on veut, gréco-romaine.[...] Il faut signaler aussi l’importance, au point de vue religieux spécialement, de l’influence judaïque, que nous retrouverons d’ailleurs également dans une certaine partie de l’Orient ; il y a là un élément extra-européen dans son origine, mais qui n’en est pas moins, pour une part, constitutif de la mentalité occidentale actuelle."
    IGEDH, I, I

    "Il faut ajouter que, dans l’Occident, nous comprenons aussi le judaïsme, qui n’a jamais exercé d’influence que de ce côté, et dont l’action n’a même peut-être pas été tout à fait étrangère à la formation de la mentalité moderne en général ;"
    Orient et Occident, I, IV


    Dans l'absolu non, rien n'est mort en quelque sorte, mais pour nous les êtres humains de ce temps présent, si, il existe des traditions mortes, coupées de notre monde pour lequel elles étaient manifestées, traditions qui n'ont plus de représentant actuellement vivant. Un élément vital est essentiel pour la transmission des influences spirituelles:
    "Par contre, la connaissance même complète d’un rite, si elle a été obtenue en dehors des conditions régulières, est entièrement dépourvue de toute valeur effective ; c’est ainsi, pour prendre un exemple simple (puisque le rite s’y réduit essentiellement à la prononciation d’un mot ou d’une formule), que, dans la tradition hindoue, le mantra qui a été appris autrement que de la bouche d’un guru autorisé est sans aucun effet, parce qu’il n’est pas « vivifié » par la présence de l’influence spirituelle dont il est uniquement destiné à être le véhicule(1). Ceci s’étend d’ailleurs, à un degré ou à un autre, à tout ce à quoi est attachée une influence spirituelle : ainsi, l’étude des textes sacrés d’une tradition, faite dans les livres, ne saurait jamais suppléer à leur communication directe ; et c’est pourquoi, là même où les enseignements traditionnels ont été plus ou moins complètement mis par écrit, ils n’en continuent pas moins à être régulièrement l’objet d’une transmission orale, qui, en même temps qu’elle est indispensable pour leur donner leur plein effet (dès lors qu’il ne s’agit pas de s’en tenir à une connaissance simplement théorique), assure la perpétuation de la « chaine » à laquelle est liée la vie même de la tradition. Autrement, on n’aurait plus affaire qu’à une tradition morte, à laquelle aucun rattachement effectif n’est plus possible ; et, si la connaissance de ce qui reste d’une tradition peut avoir encore un certain intérêt théorique (en dehors, bien entendu, du point de vue de la simple érudition profane, dont la valeur ici est nulle, et en tant qu’elle est susceptible d’aider à la compréhension de certaines vérités doctrinales), elle ne saurait être d’aucun bénéfice direct en vue d’une « réalisation » quelconque(2).
    ---
    1 - Signalons en passant, à propos de cette « vivification », si l’on peut s’exprimer ainsi, que la consécration des temples, des images et des objets rituels a pour but essentiel d’en faire le réceptacle effectif des influences spirituelles sans la présence desquelles les rites auxquels ils doivent servir seraient dépourvus d’efficacité.
    2 - Ceci complète et précise encore ce que nous disions plus haut de la vanité d’un prétendu rattachement « idéal » aux formes d’une tradition disparue."
    Aperçus sur l'Initiation, ch. VIII

    RépondreSupprimer
  9. Pour la scolastique, ce n'était pas évident, y compris à d'autres passages, par exemple ici on peut penser que c'est bien de la scolastique en elle même qu'il s'agit (mais c'est entendu) :
    "On sait comment la métaphysique médiévale, déchue en scolastique creuse, a engendré le rationalisme triomphant du XVIIème siècle, détrôné lui-même au XIXème par des dogmatismes idéologiques dont l'effondrement laisse l'homme moderne devant un "vide de sens" insupportable."
    Tradition pythagoricienne, p. 3


    Oui j'ai commencé à lire, en effet c'est intéressant.

    RépondreSupprimer
  10. Il y a bien une divergence profonde entre lui et Guénon, qu'il affirme d'ailleurs ici :
    http://esprit-universel.over-blog.com/article-rene-guenon-la-realisation-de-l-etre-par-la-connaissance-116792953.html

    "Une remarque sur la note 2 à propos d'Aristote, que Guénon présente comme un comme un simple théoricien. Position qui demande à être nuancée comme suit. Guénon, à la suite de ses études secondaires et universitaires, avait pris en horreur ce qu'il appelle , dans La Crise du monde moderne "le préjugé classique" , et qui est la totale ignorance de ce qu'était réellement notre Antiquité..Il en est resté des traces assez durables dans ce texte, qui a paru en 32. Mais plus tard, avec la Grande Triade, datée de 46, sa position avait changé considérablement ( comme aussi son jugement sur le bouddhisme). En effet, sous un titre chinois, cette oeuvre était une brillante réhabilitation du pythagorisme et un hommage à l'un de ses représentants modernes : l'hermétiste Antoine Fabre d'Olivet.
    Vous admettrez peut-être que la question ne m'est pas tout à fait étrangère.
    D'autre part, de l'aveu des Anciens eux-mêmes, un grand nombre d’œuvres d'Aristote, "disparues" depuis, étaient consacrées au pythagorisme, tout comme celles de son maître Platon. Et Guénon n'était pas nécessairement au courant de ce "détail", d'autant qu'Aristote n'est resté célèbre que pour tout les reste, à savoir les sciences naturelles et la philosophie. Tout le reste a été "occulté", mais le simple fait qu'il ait été le précepteur d'Alexandre a des résonances ésotériques dont l'histoire ordinaire ne sait évidemment rien.
    Résumons cela : son oeuvre devait comporte deux volets , l'un public, l'autre réservé aux pratiquants des "Petits Mystères".
    D'où sa déclaration des "Analytiques" sur les degrés de la connaissance."

    Ce jugement sur la Grande Triade est assez curieux, j'ai l'impression que si l'auteur n'y a vu que du Pythagorisme, c'est qu'il n'a pas voulu y voir quoi que ce soit d'autre. Pourtant il qualifie Fabre d'Olivet d'hermétiste, et non de pythagoricien (après je ne sais pas d'où vient cette qualification d'hermétiste).

    La position primitive de Guénon sur le Bouddhisme était simplement celle de Shankarâchârya, et ne dépendait pas d'une préférence sentimentale quelconque.

    Contrairement à l'auteur, je ne vois pas de variation dans le jugement de Guénon sur Aristote. Et tenter de relativiser ses paroles en les subordonnant à des détails biographiques n'y changera rien, pour qui sait lire sans se soucier des ragots.

    RépondreSupprimer
  11. je possède en son intégralité VI et ET; et des erreurs dans les différents ouvrages papier il y en a !!

    RépondreSupprimer
  12. Ca ne m'étonne pas, j'ai un certain nombre de passages suspects en réserve qui attendent de pouvoir être vérifiés.

    Ah oui? Vous m'intéressez. Si vous pouviez m'envoyer quelques numéros scannés de temps en temps ce serait très sympa, et ça me permettrait de vérifier leurs différences avec les recueils papiers de façon exhaustive :
    http://oeuvre-de-rene-guenon.blogspot.fr/2013/08/bilan-des-verification-faites-partir.html

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne suis pas chez moi pour le moment, mais je reprends contact courant septembre.

      Supprimer
    2. Ah d'accord, ça marche, bonnes vacances (concernant les scans, quand je disais numéros, j'entendais seulement les pages avec les écrits de Guénon bien sûr).

      Supprimer
  13. dans les trois voies vous faites erreur
    intellect transcendant sous entend jnana c a d la connaissance pure
    ensuite vous avez un point virgule et guenon fait allusion a bhakti deuxieme voie en rapport avec le psychique
    enfin est cite la troisieme voie karma
    vous faites donc un amalgame quand vous parlez d intellect psychique
    cordialement

    RépondreSupprimer
  14. Cette page est titrée "erreurs inquiétantes etc", ce sont des erreurs que j'ai relevées dans les recueils papiers. Dans le recueil fait par Clavelle qui s'appelle "Initiation et Réalisation Spirituelle", il est bien parlé d' "intellect psychique", la confusion n'est pas de moi, au contraire j'ai indiqué en vert le passage manquant présent dans le texte original de la revue, dont vous venez de prendre connaissance, et qui n'est pas dans le recueil papier.
    J'espère que l'on s'est compris.
    Cordialement.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je vous reponds tardivement premierement pour vous remercier de votre reponse mais surtout pour vous prier de m excuser de vous avoir impute a tort ce que j ai qualifie d amalgame.
      J ai lu trop vite et ce que vous rajouter en vert contribue a dissiper la facheuse confusion faite par Clavelle.
      Dans l edition de 1983 que je possede page 145 il est effectivement mentionne intellect psychique.
      Ainsi que vous concluez votre message je vous ai compris!!
      Cordialement

      Supprimer
    2. De rien, pas de soucis, en espérant pouvoir au bout du compte recenser l'ensemble des erreurs. Cordialement.

      Supprimer
    3. bjr
      je voudrais transformer mon anonymat en un pseudo comment dois je faire? j essaye neanmoins de vous envoyer ce message avec le pseudo Antares si ca marche je continuerai comme ca

      Supprimer
    4. bjr, je pense qu'il vous faut créer un compte dans l'un des types proposés dans la liste précédée de "Répondre en tant que :", google par exemple.

      Supprimer
  15. Je viens de mettre à jour l'index de l'oeuvre de René Guénon avec ces toutes dernières trouvailles. Quel travail remarquable!

    RépondreSupprimer
  16. Merci d'avoir reporté ces corrections dans votre index. En espérant que l'ensemble des textes des ET puisse à terme être consulté.

    RépondreSupprimer
  17. A l’attention de « Tagada ». Vous semblez avoir très peu de considération pour les lecteurs de votre blog. Ainsi vous avez modifié une ancienne page (année 2013) de votre blog, vous avez donc effacé purement et simplement les textes reproduisant les trois comptes rendus (de juin-juillet 1946) sans expliquer pourquoi vous l’avez fait. Un lecteur qui aura noté en 2013 cette (soi-disant) absence de reprise de ces comptes rendus ne sera donc pas informé par vous sur ce qu’il en est réellement. Même pas une petite ligne d’explication pour qu’il sache maintenant où il peut les retrouver… D’autre part vous n’avez pas encore supprimé le compte rendu qui figure bien dans l’ouvrage PAPIER intitulé Recueil (Compte rendu de novembre 1936) publié au Canada. Vous faites bien une mise à jour de votre page !!

    RépondreSupprimer
  18. M. Hapel m'attaque personnellement depuis quelques semaines, j'ai d'abord cru que c'était une incompréhension de bonne foi, mais il s'avère que c'est une rancune personnelle (il considère que tagada, Gauthier Pierozak et Mircea Tamas sont la même personne et qu'ils l'ont empêché de publier son propre recueil sur Guénon) :
    https://brunohapel.blogspot.fr/2016/09/un-tres-etonnant-inedit-de-rene-guenon.html
    https://brunohapel.blogspot.fr/2016/09/index-uvres-de-rene-guenon.html
    https://brunohapel.blogspot.fr/2016/09/reedition-des-principes-du-calcul.html
    https://brunohapel.blogspot.fr/2016/10/r-guenon-numerise-une-derive-fractale.html
    https://brunohapel.blogspot.fr/2016/11/le-recueil-canadien.html

    Il feint d'ignorer que c'est moi-même qui l'ai prévenu, publiquement, de la modification de la présente page, dans les commentaires de son propre blog (dernier lien ci-dessus). M. Hapel se trompe s'il croit pouvoir faire l'imbécile ici davantage.

    RépondreSupprimer