mercredi 24 août 2016

Texte inédit : Étude logique et métaphysique sur l’idée de substance. Substance individuelle et substance universelle.


Ce texte a été rédigé par René Guénon en 1916 ; à l’époque il envisageait de le publier, comme le montrent les extraits qui vont suivre :

Je n’ai pas encore eu le temps de mettre au point mon travail sur la substance, mais je tâcherai de le faire le plus tôt possible.
René Guénon à Pierre Germain, 26 août 1916.

Depuis que vous avez lu votre intéressante conférence sur la Substance, j’ai beaucoup réfléchi au problème qu’elle pose et éclaire.
Noële Maurice-Denis Boulet à René Guénon, 16 décembre 1916.

Et l’offre de Lévy Bruhl à faire paraître à la Revue philosophique l’essai sur la Substance, où en est-ce ? M. Guénon a-t-il mis son travail au point ? L’enverra-t-il bientôt ? Comme je voudrais voir cela mis au jour, discuté et apprécié !
Noële Maurice-Denis Boulet à la femme de René Guénon, 5 février 1918.

Vous serait-il donc possible d’apporter avec vous votre travail sur la « substance » que j’ai lu il y a trois ans et de me le laisser quelque temps ?
Noële Maurice-Denis Boulet à René Guénon, 23 juin 1919.

Je vous prêterai mon travail sur la substance ainsi que vous me le demandez.
René Guénon à Noële Maurice-Denis Boulet, 1er juillet 1919.

Bien entendu je vous communiquerai de nouveau mon travail sur la substance, ainsi que vous me l’aviez déjà demandé au mois de juillet, et je serais très heureux s’il peut vous être de quelque utilité pour votre thèse.
René Guénon à Noële Maurice-Denis Boulet, 5 novembre 1919.

Cette étude n’a semble-t-il pas été éditée. Les lecteurs de l’œuvre de Guénon connaissent cependant déjà une partie des considérations qui y sont abordées et qui se trouvent notamment au début du livre Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps.

Les lecteurs canadiens peuvent la lire p. 1080 du recueil d’articles.

mardi 9 août 2016

Luc Benoist sur « Le problème » de Jean-Pierre Laurant


Comme on l’a vu, des textes parasites sont ajoutés à des livres de René Guénon récemment réédités, dans un but général de soumettre l’œuvre de Guénon à la critique universitaire. Dans celui qui affuble Le Règne de la Quantité, les démarches de Luc Benoist auprès de Gallimard sont mises en scène par la « fondation Jean-Pierre Laurant », comme si cela pouvait, par un assentiment de sa part implicite et posthume, donner du poids et de la légitimité à cette entreprise de subversion.

Cette solidarité n’a bien sûr aucune raison d’être. Mais de plus, à la lecture de ce que Luc Benoist, dans le texte ci-dessous, disait lui-même des sournoiseries de Laurant, on peut trouver une telle manœuvre vraiment ironique.



Texte paru dans les Études Traditionnelles, septembre-octobre 1971, Les Revues, pp. 236-238.


La Revue de l’Histoire des Religions a publié dans le premier numéro de cette année (no 1, janv. mars 1971) un article de M. Jean-Pierre Laurant intitulé : Le problème de René Guénon ou quelques questions posées par les rapports de sa vie et de son œuvre.

Il est déjà très remarquable que M. Laurant, professeur et universitaire, ait attaché assez d’importance à l’œuvre guénonienne pour en étudier les sources, serait-ce, comme lui, du plus modeste point de vue et du plus extérieur. On peut regretter qu’il ait dans ce travail emprunté ses moyens d’approche à la plus dérisoire des écoles de critique historique, celle de Taine, aussi officielle que fausse, et heureusement en défaveur, qui cherche dans la vie d’un écrivain l’inspiration de son œuvre, alors que l’œuvre est souvent le complément, la réaction inversée, la revanche contre la vie. Plus heureusement des études sont en gestation en divers lieux qui vont sortir d’une ombre trop respectée une pensée qui a suscité une part considérable du mouvement intellectuel contemporain, ne serait-ce que par la prescience que Guénon a manifesté du réveil de l’Orient et de son influence grandissante sur la pensée et la politique occidentales. D’ailleurs rien ne saurait être plus contraire à la position de Guénon lui-même, vis-à-vis de son œuvre, que le rapprochement de cette dernière avec sa vie, alors qu’il a volontairement protégé cette œuvre de toute compromission terrestre. Et si tout critique est libre d’établir les bases de son travail comme il lui convient, tout au moins devrait-il respecter la pensée de l’auteur qu’il a choisi, même s’il se place à un point de vue opposé. C’est pourquoi on ne saurait souscrire à la prétention de M. Laurant qui suppose saisir la réalité profonde de la démarche guénonienne en la limitant aux différents cercles de personnalités, occultistes, catholiques, maçonniques, hindoues ou musulmanes qui l’ont fréquenté ou qu’il a lui-même connues, alors que sa démarche profonde a été dès ses débuts inverse et « centrifuge », pour aboutir très logiquement à son départ définitif pour l’Égypte.

Il est faux de prétendre que la pensée guénonienne s’identifiait avec la mentalité des groupes auxquels il s’opposait, car si pour combattre efficacement quelqu’un il faut se placer sur le même terrain et employer sa langue, c’est autre chose que partager son point de vue. Or c’est avec prédilection que M. Laurant s’attarde aux débuts de notre auteur, aux épisodes de La Gnose, de l’Ordre du Temple, de Regnabit, à ces années de formation que Guénon n’aimait pas qu’on lui rappelle, dit M. Laurant, pour la bonne raison qu’il avait éprouvé l’inutilité de ces anciennes démarches qui avaient pour but non de s’informer, mais au contraire de redresser les erreurs des différents groupes « néo-spiritualistes » ou religieux alors fréquentés.

Prétendre qu’au moment de la « Crise du Monde moderne » Guénon n’envisageait pas encore la distinction ésotérisme-exotérisme parce que cette distinction n’est pas ouvertement formulée dans ses écrits (ce qui est à voir) montre à quel point M. Laurant rétrécit son sujet à une recherche de lexicologie, en limitant la pensée guénonienne à une formulation occasionnelle, qui ne préjuge pas de l’origine et du fondement de cette pensée.

C’est ce qui lui permet de traiter Guénon d’autodidacte et d’opportuniste. Le traiter d’autodidacte (ce qui au sens vrai est la définition du génie) et insister sur les faiblesses et les contradictions d’une argumentation qui enlèvent toute signification à sa pensée, est plus qu’un abus de langage, alors que la rigueur de cette pensée et la précision de sa langue, que M. Laurant malheureusement n’imite pas, constituent les plus solides bases de l’argumentation guénonienne. Mais pour éviter cette grossière falsification du sujet même de son étude, il aurait fallu que M. Laurant sache de quoi il parle, ce dont on peut douter lorsqu’on lit la conclusion de son étude. Cette conclusion, au terme de son décevant périple, traduit assez bien l’embarras de tout lecteur de Guénon qui se place, comme M. Laurant, à l’extérieur de sa pensée. Il y constate que si les accidents de la vie ne préjugent pas de la valeur de l’intuition ni de la justesse du raisonnement… certaines faiblesses de l’argumentation n’infirment pas la valeur de l’intuition, ni la vérité de celle-ci ne peut faire passer pour justes des raisonnements qui ne le sont pas. Que la pénétration intellectuelle de M. Laurant dans son plus grand essor ne dépasse pas une intuition (sans doute bergsonienne) dont il consent à doter son sujet, tout en lui refusant la rigueur critique, cela à nos yeux le juge. Les raisonnements n’ont d’ailleurs rien à saisir dans une intuition psychologique, pas plus qu’un marteau-pilon n’est un instrument adéquat pour attraper une mouche. La dialectique de M. Laurant basée sur les preuves écrites a l’air d’ignorer que le papier supporte l’erreur comme la vérité, et surtout est aussi lacunaire que la chance et le hasard. Alors que, comme l’a dit je crois Leibnitz, la vérité ne commence pas d’être au moment où elle commence d’être connue, qu’elle soit ou non formulée, trois stades de la connaissance du vrai que M. Laurant confond dans une démarche pragmatique, au total mépris ou à la regrettable méconnaissance du point de vue initiatique et traditionnel, qui lui paraît sans doute une superstition périmée. Alors pourquoi s’en occupe-t-il ?

Luc BENOIST       

samedi 21 mai 2016

Textes peu connus de René Guénon

Différents textes de René Guénon, peu connus et peu accessibles actuellement, ont été ajoutés au recueil d’articles :
  • Réponse à l’enquête sur La Culture internationale, publiée dans Images de Paris, mai-juillet 1926 (no 67).
  • Réponse à l’enquête Pour un nouvel Humanisme, publiée dans l’étude Pour un Humanisme nouveau, dans les Cahiers de Foi et Vie, 1930.
  • Réponse à G.-E. Monod-Herzen, lettre publiée dans Notre temps, 20 décembre 1927, dans Idées et Philosophies, de G.-E. Monod-Herzen.

Dans l’agencement actuel du recueil, les lecteurs canadiens peuvent les trouver respectivement pp. 312, 999 et 1100 du pdf.

dimanche 15 mai 2016

Articles datés du calendrier islamique

De 1930 à 1934, René Guénon a conclu ses articles du Voile d’Isis par des annotations comportant des dates du calendrier islamique. Elles ne sont pas toujours faciles à retrouver, les voici rassemblées pour les lecteurs que ce sujet intéresse.


Article du Voile d’IsisDateAnnotation avec date du calendrier islamiqueRéutilisé pour
La Grande Guerre sainte1930, 05Mesr, 1er dzul-gadah 1348 H.Le Symbolisme de la Croix, ch. 08 - La guerre et la paix.
À propos des pèlerinages1930, 06Mesr, 1er dzul-hijjah (mois du pèlerinage) 1348 H.
Et-Tahwîd1930, 07Gebel Seyidna Mousa, 23 shawâl 1348 H.
Mesr, Seyidna El-Hussein, 10 moharram 1349 H.
(anniversaire de la bataille de Kerbela)
El-faqru1930, 10Mesr, 11-12 rabî awal 1349 H. (Mûlid En-Nabi).
Les limites du Mental1930, 11Mesr, 23 rabî thâni 1349 H. (Mûlid Seyidna El-Hussein).Aperçus sur l’Initiation, ch. 32.
Le Siphra di-Tzeniutha1930, 12Mesr, 25 jamâd awal 1349 H.
Initiation sacerdotale et Initiation royale1931, 01Mesr, 7 rajab 1349 H.Aperçus sur l’Initiation, ch. 40.
La Science des lettres (Ilmul-hurûf)1931, 02Mesr, 10 shaabân 1349 H.
L’écorce et le noyau (El Qishr wa el-Lobb)1931, 03Mesr, 8 ramadân 1349 H.
La tradition hermétique1931, 04Mesr, Sheikh El-Bayûmi, 9 shawâl 1349 H.Aperçus sur l’Initiation, ch. 41 - Quelques considération sur l’hermétisme.
Rose-Croix et Rosicruciens1931, 05Mesr, 10 dul-qadah 1349 H.Aperçus sur l’Initiation, ch. 38.
Magie et Mysticisme1931, 06Mesr, 10 dul-hijjah 1349 H. (El-Aïd el-Kebir).Aperçus sur l’Initiation, ch. 02.
L’hiéroglyphe du Cancer1931, 07Mesr, 15 moharram 1350 H.
Place de la tradition atlantéenne dans le Manvantara1931, 08-09Mesr, 15 rabî-awal 1350 H.
Sheth1931, 10Mesr, 23 rabî thâni 1350 H. (Mûlid Seyidna El-Hussein).
La Langue des Oiseaux1931, 11Mesr, 22 jumâd awal 1350 H.
Quelques remarques sur le nom d’Adam1931, 12Mesr, 26 jumâd thâni 1350 H.
Caïn et Abel1932, 01Mesr, 27 rajab 1350 H. (Laïlat El-Miraj).Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, ch. 21.
Le symbolisme du Théâtre1932, 02Mesr, 26 shaabân 1350 H.Aperçus sur l’Initiation, ch. 28.
Le langage secret de Dante et des « Fidèles d’Amour » (II)1932, 03Mesr, 27 ramadân 1350 H. (Laïlat El-Qadr).
Hermès1932, 04Mesr, 26 shawâl 1350 H.
La chirologie dans l’ésotérisme islamique1932, 05Mesr, 18 dhûl-qadah 1350 H. (Mûlid Seyid Ali El-Bayûmi).
Organisations Initiatiques et Sectes Religieuses1932, 06Mesr, 25 dhûl-hijjah 1350 H.Aperçus sur l’Initiation, ch. 11.
Nouveaux aperçus sur le langage secret de Dante1932, 07Mesr, 5 çafar 1351 H. (Mûlid Seyidi Ismaïl El-Embâbi).
Taoïsme et Confucianisme1932, 08-09[Pas de date, numéro spécial.]
Des conditions de l’Initiation1932, 10Mesr, 28-29 rabî thâni 1351 H. (Mûlid Seyidna El-Hussein).Aperçus sur l’Initiation, ch. 04.
De la Régularité initiatique1932, 11Mesr, 1er jumâd thâni 1351 H.Aperçus sur l’Initiation, ch. 05.
De la Transmission initiatique1932, 12Mesr, 7 rajab 1351 H.Aperçus sur l’Initiation, ch. 08.
Des Centres initiatiques1933, 01Mesr, 10 shaabân 1351 H.Aperçus sur l’Initiation, ch. 10.
Initiation et contre-initiation1933, 02Mesr, 11 ramadân 1351 H.Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, ch. 38 - De l’antitradition à la contre-tradition.
Des Rites initiatiques1933, 03Mesr, 12 shawâl 1351 H.Aperçus sur l’Initiation, ch. 15.
Des Épreuves initiatiques1933, 04Mesr, 10 dhûl-qadah 1351 H.Aperçus sur l’Initiation, ch. 25.
Qabbalah1933, 05Mesr, 7 dhûl-hijjah 1351 H.
Connaissance initiatique et « culture » profane1933, 06Mesr, 7 moharram 1352 H.Aperçus sur l’Initiation, ch. 33.
« Fidèles d’Amour » et « Cours d’amour »1933, 07Mesr, 12 çafar 1352 H.
Kabbale et science des nombres1933, 08-09Mesr, 1er rabî eth-thâni 1352 H.
Kundalinî-Yoga (I)1933, 10Mesr, 25 jumâd el-awal 1352 H.
Kundalinî-Yoga (II)1933, 11Mesr, 20 jumâd eth-thâni 1352 H.
L’enseignement initiatique1933, 12[Pas de date, déjà publié dans Le Symbolisme en janvier 1913.]Aperçus sur l’Initiation, ch. 31.
La « Religion » d’un Philosophe1934, 01Mesr, 22 shaabân 1352 H.Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, ch. 33 - L’intuitionnisme contemporain.
Le Saint Graal (I)1934, 02Mesr, 27 ramadân 1352 H. (Laylat El-Qadr).
Le Saint Graal (II)1934, 03Mesr, 20 shawâl 1352 H.

dimanche 14 février 2016

Ecrits de Y. B.

Pdf au format texte :

Comprend l’article : Un exemple de perfection dans l’art de la calligraphie islamique (yantra et sciences traditionnelles), publié dans Vers la Tradition, no 116, juin-juillet-août 2009, signé Foulan ;

ainsi que les deux articles suivants :